La peur, petit chasseur
de Laurent Achard
France - 2003 - Fiction
Couleur - Sans dialogue
35 mm - 1,66 - 8’ - Dolby SR
Tout public avec avertissement

Scénario : Laurent Achard
Image : Laurent Desmet
Son : Philippe Grivel
Montage : Martial Salomon
Interprétation : Mireille Roussel, Pierre Baux, Martin Buisson
Production : Les Films Hatari

Mots-clés

campagne
violence
animaux
faits divers
quotidien
solitude
enfance
angoisse

Synopsis. Une maison à la campagne. Un jour de novembre. Silencieux, dans un coin du jardin, un enfant attend.

Carrière du film. 2004 Cannes «Quinzaine des réalisateurs» / 2004 Pantin «Festival Côté court» grand prix, mention du jury de la presse et mention du jury de la jeunesse / 2004 Château-Chinon «L’avis de château» / 2004 La Ciotat «Festival des festivals» / 2004 Ris-Orangis «Cinessonne, Festival du cinéma européen».

Filmographie. Qu’en savent les morts (1990, 35 mm, 15’) - Dimanche ou les fantômes (1994, 35 mm, 30’) - Une odeur de géranium (1996, 35 mm, 30’) - Plus qu’hier, moins que demain (1998, 35 mm, 86’) - La peur, petit chasseur (2003, 35 mm, 8’).

L’avis du programmateur. Film d’une rigueur implacable, La peur, petit chasseur nous permet de retrouver derrière la caméra l’un des réalisateurs français les plus doués de ces dernières années. Pour ce film de la collection « Portraits » initiée par Les Films Hatari, le parti-pris formel du plan séquence s’impose telle une évidence de mise en scène, une façon de trouver, via la topographie, une distance exemplaire entre ce qui est filmé et le sordide que les murs de la maison dissimulent. Du court au long, puis du long au court, les mêmes thèmes de la famille et du secret travaillent le cinéma de Laurent Achard. Mais formellement, l’assurance dont fait preuve ce film de neuf minutes aux résonances illimitées confirme que le cinéaste sait se renouveler et trouver dans la pure mise en scène les moyens transcendant de la plus belle manière le fait divers domestique en grand cinéma.

« Cette maison, deuxième strate d’un récit qui se déploie dans la spatialité plutôt qu’en une narration traditionnelle, cette maison (…) n’est donc plus un cocon rassurant. Elle figure le lieu d’une violence domestique que l’enfant ne comprend pas (ou qu’il comprend trop bien). Elle est le lieu de la peur, un espace interdit. Le jardin n’est plus un potentiel terrain de jeu et ne se définit plus que comme excroissance : c’est un lieu en bordure de la maison, un emplacement transitoire où, clairement, l’enfant est tenu à l’écart (…) Pour le spectateur, la maison n’est qu’une surface plane figurée par une façade opaque. Espace mystérieux, « Ça » du foyer familial, elle pourrait rappeler le manoir de Psychose avant que le détective (et le public) y pénètre pour la première fois » Stéphane Kahn, Bref n°62, 2004.