Raging Blues
de Vincent Parannaud,Lyonel Mathieu & Stéphane Roche
France – 2003 – Animation (ordinateur 2D/3D)
Noir & blanc – Sans dialogue
35 mm – 1,66 – 6’ – Mono

Scénario : Vincent Parannaud, Lyonel Mathieu
Image : Stéphane Roche,
Benoît Janke
Son : Robert Mouyren,
Laurent Veliscer
Montage : Stéphane Roche
Musique : Olivier Bernet
Production : Je suis bien content

Mots-clés

pauvreté
violence
relation mère/enfant
Noël
ville
famille

Synopsis. Dans les années 30, à l’approche de Noël, dans les bureaux de l’Hôtel de Ville d’une métropole, un promoteur présente au maire un nouveau grand projet immobilier. Au milieu de la foule qui s’active sur les trottoirs de la ville, une femme en haillons, la main tendue, le dos courbé, demande la charité aux passants.

Carrière du film. 2003 Tampere (Finlande) «Film Festival « / 2004 Annecy «Festival du film d’animation».

Filmographie. Raging Blues (2003, 35 mm, 6’).

L’avis du programmateur. Entre les axes rectilignes d’une métropole anonyme, deux réalités s’opposent : l’abondance de la société nouvelle en pleine expansion et le quotidien âpre et désespéré des exclus. Dans ce contexte, une mère de famille tente de survivre et offre, au prix de sa dignité, un cadeau de Noël à son fils. Fluide et vive, la mise en scène nous donne à voir des êtres, sans plus de regards ni de sourires, subir l’humiliation. Si l’esthétisme du film n’est pas sans rappeler les premiers cartoons en noir et blanc, le constat, amer, est empreint d’une certaine intemporalité que vient rehausser davantage encore l’utilisation, graphiquement maîtrisée, du noir et blanc. Dénonciation sociale relevée d’humour noir, voire très noir, le film déroule le fil de son propos avec une obstination qui laisse le spectateur presque K.-O. en un round efficace, où la violence ne laisse pas de place à la compassion.